C’est quand l’intervention chirurgicale porte sur la face, la cavité buccale et les mâchoires ou maxillaires qu’il s’agit de la chirurgie maxillo-faciale.

Comme pour la chirurgie plastique, la chirurgie maxillo-faciale puise ses origines dans l’antiquité mais ce sont surtout les guerres qui ont nettement contribué à l’émergence de cette spécialité chirurgicale, en l’occurrence la guerre de Sécession au 19ème siècle, la guerre franco-allemande de 1870 et surtout les « Gueules cassées » de la 1ème guerre mondiale. La guerre 14-18 a permis une évolution rapide et précipitée de la chirurgie maxillo-faciale tant le besoin de réparer les traumatismes faciaux était sérieux. Selon un document intitulé « Les blessés de la face durant la Grande Guerre : les origines de la chirurgie maxillo-faciale » et publié dans « Histoire des Sciences Médicales », Tome XXXVI, « Le chirurgien réparateur avait deux objectifs : traiter d’une part les pertes de substance des parties molles et du squelette ostéo-cartilagineux et d’autre part lutter contre les complications telles que la pseudarthrose et la constriction maxillo-mandibulaire », autant d’obligations qui ont été à l’origine de l’essor de la chirurgie maxillo-faciale. Depuis, les objectifs de cette chirurgie n’ont pas trop changé mais les techniques certainement.

Toute la pathologie traumatique (traumatismes de la face), malformative (malformations crânio-faciales) et cancéreuse (tumeurs de la cavité buccale et de la peau, tumeurs des maxillaires) est du domaine de la chirurgie maxillo-faciale.

Pour les malformations de la face, il y a les anomalies congénitales représentées  essentiellement par les fentes (labiales, labio-palatine et faciales) et les dysmorphies faciales (rétrognathisme, prognasthisme, oreilles décollées, mâchoire ogivale, petite mâchoire, asymétrie du visage…). Les greffes de lambeaux cutanés ou de tissu osseux, la chirurgie de l’articulation temporo-mandibulaire, la prise en charge des pathologies de la muqueuse buccale, les tumeurs bénignes des maxillaires et les complications infectieuses de la face à point de départ dentaire entrent également dans le cadre de l’activité du chirurgien maxillo-facial, sans oublier, bien entendu, la greffe du visage dont la dernière greffe complète, incluant une greffe totale du visage, du cuir chevelu, des oreilles et des conduits auditifs, remonte à quelques mois et c’était sur un pompier américain des suites d’une intervention dans un bâtiment en feu dans le Mississippi aux U.S.A.

La chirurgie maxillo-faciale est une chirurgie complexe qui nécessite une collaboration étroite entre les différents intervenants (chirurgien maxillo-facial, dentiste, neurochirurgien, otorhinolaryngologue, ophtalmologue) pour obtenir un résultat optimal, le but étant de corriger les problèmes physiques, certes, mais surtout les blessures psychiques qui en découlent.

E.K.L

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